Le droit à la prise est inscrit dans le code de la construction et de l'habitation. Son principe est simple : dans un immeuble doté de places de stationnement d'accès sécurisé à usage privatif, le syndicat des copropriétaires ne peut pas empêcher un occupant d'équiper sa place d'un point de recharge, à ses frais, sauf à justifier d'un motif sérieux et légitime devant un juge. La loi d'orientation des mobilités a renforcé ce dispositif et l'a étendu, pour lever l'un des principaux freins à l'électrique en habitat collectif.
Concrètement, cela renverse la logique habituelle de la copropriété. Pour la plupart des travaux qui touchent aux parties communes, il faut convaincre une majorité en assemblée générale. Ici, c'est au syndicat de prouver qu'il a une bonne raison de dire non, et de le faire devant un tribunal.
Qui peut l'exercer
Le droit appartient au propriétaire d'une place de stationnement, mais aussi au locataire ou à l'occupant de bonne foi. Le locataire doit simplement informer son bailleur avant d'écrire au syndic ; le propriétaire de la place ne peut pas s'y opposer sans motif sérieux et légitime. La place concernée peut se trouver dans un parking couvert, souterrain ou en rez-de-chaussée, ou dans un parking extérieur fermé dont l'accès est contrôlé (portail, barrière). Un box individuel fermé entre bien sûr dans le champ du dispositif.
En revanche, une place banalisée sur un terrain ouvert à tous, sans attribution privative, ne permet pas d'invoquer le droit à la prise : il faut que l'emplacement soit identifié et réservé à l'usage du demandeur.
Ce que le syndic peut, et ne peut pas, refuser
Le syndic n'a pas de pouvoir d'autorisation. Il ne peut ni ignorer la demande, ni la soumettre à un vote qui la bloquerait, ni exiger un installateur particulier tant que rien n'a été décidé collectivement. Un refus « de principe », un courrier invoquant la sécurité sans élément précis ou un simple silence ne valent pas opposition.
Pour s'opposer valablement, le syndicat doit saisir le tribunal judiciaire et démontrer un motif sérieux et légitime. Les textes en citent deux principaux : l'existence d'une infrastructure collective permettant déjà la recharge, ou la décision prise par l'assemblée générale de réaliser une telle infrastructure dans un délai raisonnable. Un risque technique avéré et documenté peut aussi être débattu devant le juge. Le cadre normatif de l'installation elle-même (protections, ventilation, signalétique) est détaillé dans notre article sur la norme d'installation d'une borne de recharge, nous ne le reprenons pas ici.